Un chien-guide au Brésil

Martine et Jean-Paul sont partis au Brésil en 2014. Un sacré périple qui les a menés de Rio aux chutes d'Iguaçu en passant par Bahia et l'Amazonie, et qu'ils ont accompli avec Dadou, leur chien-guide. Martine est non-voyante. Avec elle et Dadou, un voyage au Brésil se raconte autrement mais n'en est pas moins fascinant.

Pourquoi avoir choisi Comptoir des Voyages ?

Nous avions vu sur le site, que Comptoir des Voyages proposait des voyages accessibles, et nous les avons contactés. C'est Samia, conseillère-spécialiste Brésil qui nous a répondu et elle a tout de suite compris ce que nous recherchions.
Martine ne voit pas, et pour elle le voyage c'est d'abord la rencontre. Il fallait construire un voyage autour de cette idée et en tenant compte des spécificités du handicap de Martine. Nul besoin en effet d'un véhicule équipé pour transporter les personnes en fauteuil. En revanche, il est impératif de considérer Dadou comme une voyageuse à part entière, et acceptée partout.

 

Une maison abandonnée à Rio de Janeiro au Brésil
Une maison abandonnée à Rio de Janeiro au Brésil

Quelles formalités accomplir pour Dadou ?

La liste est incroyablement longue (passeport, carnet de vaccination, résultats d'analyse sanguine, etc.) et les contrôles pendant le voyage drastiques.
Les autorités accordaient toute leur attention à Dadou, et c'est à peine s'ils nous remarquaient. Nous nous sommes même dit en plaisantant que nous aurions pu passer des lingots d'or sans que personne ne s'en rende compte.

Comment s'est passé le vol ?

Alors qu'on s'attendrait à l'inverse, ce sont les vols internationaux qui sont les moins bien organisés. La compagnie nous avait attribué des sièges standard, Dadou devant se contenter de l'espace entre nos pieds et le siège de la rangée de devant. Comme le vol Madrid/Rio n'était pas plein, les hôtesses ont bien voulu nous déplacer sur des rangées avec des places libres. Dadou a quand même dû faire le trajet à nos pieds de Paris à Madrid et même si elle ne bouge pas, elle pèse quand même 30 kg.
À bord des appareils utilisés pour les vols intérieurs, des places sont réservées à l'avant pour les personnes handicapées et c'est valable pour toutes les compagnies, même les low cost. Les aéroports brésiliens sont également équipés d'une salle d'attente dédiée aux voyageurs handicapés et ces derniers sont appelés en priorité pour l'embarquement.
Un conseil, n'hésitez pas à demander de l'aide dès votre arrivée à l'aéroport et présentez-vous à l'hôtesse à votre arrivée à bord. Cela vous évitera de vous retrouver seuls après le débarquement comme cela nous est arrivé à Rio.

 

Dadou et ses maîtres au pied du Corcovado, à Rio de Janeiro
Dadou et ses maîtres au pied du Corcovado, à Rio de Janeiro

Quels souvenirs avez-vous gardé de Rio ?

D'excellents souvenirs. Les Brésiliens sont de plus en plus attachés aux animaux de compagnie et Dadou a été la véritable star de notre séjour à Rio.
Au Brésil comme en France, la loi prévoit que le chien-guide a accès à tous les lieux ouverts au public et aux transports. Nous avons donc pu aller partout où nous le désirions, et notamment au Corcovado, où une journaliste rencontrée par hasard nous a interviewés. Nous avions réservé les services d'un guide pendant trois jours et il s'est vraiment démené pour partager son amour de Rio. Il avait déniché un Corcovado miniature, le genre de babiole qu'on achète en souvenir, et me l'a fait manipulé pour que je puisse me faire une idée de ce que ça rendait en vrai.

Qu'avez-vous fait en Amazonie ?

Avec la chienne, nous avons embarqué sur une pirogue pour naviguer sur l'Amazone. J'y ai vraiment perçu l'immensité de la forêt et l'écrasante générosité de la végétation. Là encore, nos guides ont été géniaux. Ils ont pêché un piranha qu'il m'ont ensuite fait toucher. Un piranha vu avec les mains c'est un losange équipé d'une queue, particulièrement gluant et remuant.
Ensuite ils nous ont conduits dans une gargote pour faire frire puis déguster les piranhas. Elle était tenue par un homme qui avait dû cesser de se laver depuis des mois. Il puait, son boui-boui puait, mais il était incroyablement chaleureux et accueillant et le souvenir est mémorable.

On dit de Bahia qu'elle se découvre avec les oreilles…

 

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C'est vrai. Nous avions choisi de séjourner dans la villa Bahia, un hébergement somptueux. Notre chambre se prolongeait d'une petite terrasse privative, depuis laquelle nous parvenait tous les bruits de la ville, la petite musique de Bahia.
La ville est aussi celle de toutes les croyances, mais à Bahia et dans ses églises, la religion ne se vit pas de façon austère et timorée. Au contraire, tout est joyeux, exubérant. La musique est indissociable de toute célébration, même religieuse.
Nous ne sommes pas croyants mais avons assisté à trois messes le même dimanche pour baigner dans cette atmosphère de ferveur et de gaieté le plus longtemps possible. Une fois de plus, les gens sont spontanément venus vers nous, des fidèles m'ont même pris les mains pour m'aider à faire les gestes rituels.

© photo principale : Jean-Paul et Martine Simon © photos article :  DM7 / Fotolia.com ; Jean-Paul et Martine Simon ; Terra Brazil